Démagogie et boule de gomme
Je ne sais pas vous, mais je suis presque choqué par le pataquès sur les indémnités de départ du dirigeant de Valéo Thierry Morin.
Je m'explique : Thierry Morin est un dirigeant de Valeo depuis plus de vingt ans. On ne peut donc pas dire qu'il est venu pour prendre l'oseille et se tirer, comme bien d'autres avant l'ont fait. On rappelera les 30M€ de Jaffré, les 20 de Messier, les 15 de Zacharias, qui pourtant à l'époque n'ont suscité que peu de réactions.
Valéo est une entreprise qui fabrique des équipements d'automobile très divers. Comme tout le secteur de l'automobile est touché par la récession, elle l'est aussi : pas d'achats de voitures = pas de fabrication = pas de commande d'équipements. Du coup, il y a un déficit, inévitable. La gestion de l'entreprise est-elle en cause ? C'est possible mais très loin d'être certain. Les licenciements prévus de personnel peuvent-ils se justifier ? Hélas, il est possible que oui. Il est vrai que Valéo a déjà été beaucoup restructuré, a degraissé, délocalisé. Mais dans ce cas cela paraît inévitable. Cela - à mon avis - est plus imputable à la structure industrielle de l'automobile, extrêmement externalisée, qui elle-même délocalise ses productions et qui fonctionne en flux tendu, qu'à la gestion de Valéo en propre. Peugeot a déjà du arrêter la fabrication d'une voiture par suite d'une grêve chez un fournisseur.
Peut-on mettre sur le dos de ce dirigeant la responsabilité de cette défaillance locale ? Je répondrais non.
Le salaire. On ne connait pas le salaire de Thierry Morin, mais il y a fort à penser qu'il est élevé. Comme tout salarié d'une entreprise, il a droit à indemnités de congés payés, de licenciement (6 mois au minimum lorsqu'on a plus de 2 ans d'ancienneté plus un proparata en fonction de l'ancienneté dans l'entreprise). Il y a passé près de 20 ans. Dès lors, ses 3 milions d'euros d'indemnités paraissent vraisemblables.
Si on examine bien tous ces points, force est de constater que la critique est pour une fois injustifiée. Je ne saurais pas dire si ce dirigeant "mérite" bien cette indemnité, mais elle n'est ni injustifiée, ni hors de proportion, il n'y a pas lieu de crier au loup. C'est malhonnête.
Dès lors comment qualifier les réactions de notre cher président, de notre premier ministre et de l'égérie du MEDEF d'un autre mot que "démagogiques" (attention pas populiste, les 2 mots ont un sens différent). Je n'en vois pas. D'autant plus lorsque ces dirigeants n'ont par le passé manifesté aucune opposition, même de principe à ces rémunérations, Mme Parisot ayant déclaré par le passé qu'"une grille de salaire n'avait rien à voir avec la morale". Est-elle toujours d'accord ?
Je m'explique : Thierry Morin est un dirigeant de Valeo depuis plus de vingt ans. On ne peut donc pas dire qu'il est venu pour prendre l'oseille et se tirer, comme bien d'autres avant l'ont fait. On rappelera les 30M€ de Jaffré, les 20 de Messier, les 15 de Zacharias, qui pourtant à l'époque n'ont suscité que peu de réactions.
Valéo est une entreprise qui fabrique des équipements d'automobile très divers. Comme tout le secteur de l'automobile est touché par la récession, elle l'est aussi : pas d'achats de voitures = pas de fabrication = pas de commande d'équipements. Du coup, il y a un déficit, inévitable. La gestion de l'entreprise est-elle en cause ? C'est possible mais très loin d'être certain. Les licenciements prévus de personnel peuvent-ils se justifier ? Hélas, il est possible que oui. Il est vrai que Valéo a déjà été beaucoup restructuré, a degraissé, délocalisé. Mais dans ce cas cela paraît inévitable. Cela - à mon avis - est plus imputable à la structure industrielle de l'automobile, extrêmement externalisée, qui elle-même délocalise ses productions et qui fonctionne en flux tendu, qu'à la gestion de Valéo en propre. Peugeot a déjà du arrêter la fabrication d'une voiture par suite d'une grêve chez un fournisseur.
Peut-on mettre sur le dos de ce dirigeant la responsabilité de cette défaillance locale ? Je répondrais non.
Le salaire. On ne connait pas le salaire de Thierry Morin, mais il y a fort à penser qu'il est élevé. Comme tout salarié d'une entreprise, il a droit à indemnités de congés payés, de licenciement (6 mois au minimum lorsqu'on a plus de 2 ans d'ancienneté plus un proparata en fonction de l'ancienneté dans l'entreprise). Il y a passé près de 20 ans. Dès lors, ses 3 milions d'euros d'indemnités paraissent vraisemblables.
Si on examine bien tous ces points, force est de constater que la critique est pour une fois injustifiée. Je ne saurais pas dire si ce dirigeant "mérite" bien cette indemnité, mais elle n'est ni injustifiée, ni hors de proportion, il n'y a pas lieu de crier au loup. C'est malhonnête.
Dès lors comment qualifier les réactions de notre cher président, de notre premier ministre et de l'égérie du MEDEF d'un autre mot que "démagogiques" (attention pas populiste, les 2 mots ont un sens différent). Je n'en vois pas. D'autant plus lorsque ces dirigeants n'ont par le passé manifesté aucune opposition, même de principe à ces rémunérations, Mme Parisot ayant déclaré par le passé qu'"une grille de salaire n'avait rien à voir avec la morale". Est-elle toujours d'accord ?
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