Girond'Ingres
J'aime Bordeaux, je l'ai quittée il y a maintenant presque 15 ans. A l'époque je me sentais à l'étroit, dans une ville sombre, humide, noire de crasse de pot d'échappement. Je me souviens à l'époque d'une boulangerie derrière le lycée Montaigne où l'on trouvait des chocolatines grosses comme une brique pour 2 ou 3 francs. Depuis il y a eu le tram, les places sont toutes proprettes et ont été élargies, on peut marcher à pied tranquille, il n'y a plus ou peu de voitures dans le centre historique. A défaut de garder leurs habitants d'origine, les ruelles étroites du vieux Bordeaux ont gardé leur charme, essentiel.

Rien ne me destinait à être Bordelais. Ma famille s'y est installé dans les années 60 et n'y avait pas de racines. Moldavie, Maroc, Bourgogne, Nord, voilà où il faudrait plutôt aller les chercher. Sans un coup de gueule de mon père, j'aurais pu me retrouver à Metz, avec la honte de devoir soutenir un club, qui s'il a vu le grand Sylvain Kastendeuch, reste le club yoyo type du foot français.
Je kiffe Bordeaux. Je kiffe le foot aussi. Dès tout petit, mon père m'emmenait sur le terrain de foot de son village d'origine. C'était un pré avec un petit baraquement de briques et de bois qui faisait office de vestiaires. Le terrain était en pente et du coup le but d'en face n'était pas visible. Planus y serait été bien en peine de trouver la tête de Chamakh au milieu des brins d'herbe. Maintenant le terrain est bâti...
Années 80. La grande époque des Girondins sous l'ère Bez, avec Chaban-Delmas en financeur, le tempérament du président faisant le reste. La Cadillac Rose, les wagons à bestiaux pour Dniepropetrovsk, ont fait parler, mais c'était une envie qui habitait l'équipe. Les Dropsy, Battiston, Giresse, Thouvenel, Trésor, Lacombe, et consorts ont conquis des titres et animé le football français des années 80. Deux titres de champion avec un doublé coupe-championnat et des duels au couteau avec Paris et Marseille. Un parcours superbe en Coupe des Clubs Champions avec l'apéothéose et malheureusement l'échec en demi-finales face à la Juve de Platini. A la même époque, la France gagne le championnat d'Europe contre le Portugal de Chalana, Noah gagne contre Wilander à Roland-Garros.
Je n'ai jamais vraiment fait de foot. Par contre, j'ai toujours joué au football sauvage, avec des potes, des cousins, des voisins dont le fils du vice-président de l'époque. Un Tango, quelques mètres carré de gazon, quatre arbres pour faire les poteaux et hop le tour est joue. La composition d'équipe, comme à l'école, tout un poème ; on finissait quand même par s'entendre. Des séances d'attaque-défense, de pénalty où les scores étaient 6-1,12-5, bien loin de la Ligue 1.Du sérieux, du sport, de la camaraderie, un dimanche bien rempli, good old times. Le seul et dernier match de ce époque au stade a été un match contre Sochaux avec ma classe de 4e. Zlatko Vujovic avait marqué, mais Fofana (?) avait permis aux Doubistes de l'emporter 3-2.
Pendant une longue période j'ai laissé de coté les Girondins. Bien entendu les Wiltord, Laslandes, Micoud ou encore Pauleta ne m'ont jamais laissé indifférents, mais je n'étais plus un passionné, je suivais de loin le parcours de mon équipe préférée, avec bienveillance. La révélation de Zidane, la coupe UEFA, le match retour d'anthologie contre Milan ont réveillé ma ferveur, avec une grosse désillusion contre le Bayern. Mes Gigis ne seraient-ils qu'une équipe de demi-finales ? Par la suite, j'ai suivi le parcours 98 de l'Equipe de France, depuis Toulouse, son grand écran sur la prairie des Filtres. Une communion permanente, les filles rivalisant de soutien avec les mecs, et de tenus fort découvertes :p. Le premier match avec le but de Dugarry. Le match contre le Paraguay, une grande tension et puis la délivrance avec le but de Blanc. Et la conclusion contre le Brésil. Filles, soleil, football, pack de bières, que de bon.
Par la suite, je ne suivais que la Ligue des Champions. A l'époque, j'étais à Sochaux et rien à faire le soir à part mater la double phase de poule. Un match presque tous les jours, mais surtout beaucoup de matches quelconques. Ennui. Mon intérêt pour le club ne s'est réveillé que plus tard. Après le titre de champion de 99, le club m'a donné un peu l'impression de végéter. Puis de nouvelles têtes sont apparues, le déclic. Entre temps je me suis installé à Paris. Des jeunes, Rio Mavuba, Marouane Chamakh, Juan Pablo Francia ont commencé à se faire un nom. Ne me demandez pas pourquoi, ça vient d'eux plutôt que d'autres. Peut-être cette sensation de jeunesse, d'une certaine renaissance de l'équipe sur de nouvelles bases. La match contre Valence et le carton injuste de Riley contre Rio tuant un match qui offrait de belles perspectives.
Et depuis je continue. Une grande joie à l'annonce du retour de Micoud, joueur éternellement sous-estimé. J'aime ce genre de joueur, plus footballeur qu'athlète ou salarié. Il pue le plaisir de jouer, avec cette nonchalence de patron d'équipe, sait conserver un ballon, avoir la vista pour délivrer un ballon dans le bon espace-temps. Non seulement capable de passer mais aussi de coups de têtes décisifs, de coups francs bandants comme à Sochaux, je ne sais pas pourquoi « encore » Sochaux, où dans la foulée, un Darcheville sur le départ offre un caviar pour le premier but de Cavanaghi à Bordeaux. Vibration, jubilation intense. Mon humeur redevient guidée par le score du samedi ou du dimanche. Mon premier match au stade depuis la 4e est un superbe 5-1 contre Nice. Saison qui débouche sur la deuxième place de 2005-2006, avec aussi un 0-0 très intense contre Lyon. Une saison 2006-2007 décevante puis une jolie saison 2007-2008 avec l'arrivée de Blanc, l'homme du Paraguay et ami de Sir Alex, avec le retour du beau jeu et de nombreux buts. La dernière année de Micoud et des Bellion, Wendel et Cavenaghi on fire.

Johan Micoud
Depuis, je me suis calmé, l'équipe rythme en partie mon emploi du temps, via les matches et le blog décalé et éclairé ChezLesGirondins. Je ne m'énerve plus quand l'équipe perd, je saute de joie quand elle gagne. L'âge avance, la passion reste.

La place de la Bourse derrière le miroir d'eau
Rien ne me destinait à être Bordelais. Ma famille s'y est installé dans les années 60 et n'y avait pas de racines. Moldavie, Maroc, Bourgogne, Nord, voilà où il faudrait plutôt aller les chercher. Sans un coup de gueule de mon père, j'aurais pu me retrouver à Metz, avec la honte de devoir soutenir un club, qui s'il a vu le grand Sylvain Kastendeuch, reste le club yoyo type du foot français.
Je kiffe Bordeaux. Je kiffe le foot aussi. Dès tout petit, mon père m'emmenait sur le terrain de foot de son village d'origine. C'était un pré avec un petit baraquement de briques et de bois qui faisait office de vestiaires. Le terrain était en pente et du coup le but d'en face n'était pas visible. Planus y serait été bien en peine de trouver la tête de Chamakh au milieu des brins d'herbe. Maintenant le terrain est bâti...
Années 80. La grande époque des Girondins sous l'ère Bez, avec Chaban-Delmas en financeur, le tempérament du président faisant le reste. La Cadillac Rose, les wagons à bestiaux pour Dniepropetrovsk, ont fait parler, mais c'était une envie qui habitait l'équipe. Les Dropsy, Battiston, Giresse, Thouvenel, Trésor, Lacombe, et consorts ont conquis des titres et animé le football français des années 80. Deux titres de champion avec un doublé coupe-championnat et des duels au couteau avec Paris et Marseille. Un parcours superbe en Coupe des Clubs Champions avec l'apéothéose et malheureusement l'échec en demi-finales face à la Juve de Platini. A la même époque, la France gagne le championnat d'Europe contre le Portugal de Chalana, Noah gagne contre Wilander à Roland-Garros.
Je n'ai jamais vraiment fait de foot. Par contre, j'ai toujours joué au football sauvage, avec des potes, des cousins, des voisins dont le fils du vice-président de l'époque. Un Tango, quelques mètres carré de gazon, quatre arbres pour faire les poteaux et hop le tour est joue. La composition d'équipe, comme à l'école, tout un poème ; on finissait quand même par s'entendre. Des séances d'attaque-défense, de pénalty où les scores étaient 6-1,12-5, bien loin de la Ligue 1.Du sérieux, du sport, de la camaraderie, un dimanche bien rempli, good old times. Le seul et dernier match de ce époque au stade a été un match contre Sochaux avec ma classe de 4e. Zlatko Vujovic avait marqué, mais Fofana (?) avait permis aux Doubistes de l'emporter 3-2.
Pendant une longue période j'ai laissé de coté les Girondins. Bien entendu les Wiltord, Laslandes, Micoud ou encore Pauleta ne m'ont jamais laissé indifférents, mais je n'étais plus un passionné, je suivais de loin le parcours de mon équipe préférée, avec bienveillance. La révélation de Zidane, la coupe UEFA, le match retour d'anthologie contre Milan ont réveillé ma ferveur, avec une grosse désillusion contre le Bayern. Mes Gigis ne seraient-ils qu'une équipe de demi-finales ? Par la suite, j'ai suivi le parcours 98 de l'Equipe de France, depuis Toulouse, son grand écran sur la prairie des Filtres. Une communion permanente, les filles rivalisant de soutien avec les mecs, et de tenus fort découvertes :p. Le premier match avec le but de Dugarry. Le match contre le Paraguay, une grande tension et puis la délivrance avec le but de Blanc. Et la conclusion contre le Brésil. Filles, soleil, football, pack de bières, que de bon.
Par la suite, je ne suivais que la Ligue des Champions. A l'époque, j'étais à Sochaux et rien à faire le soir à part mater la double phase de poule. Un match presque tous les jours, mais surtout beaucoup de matches quelconques. Ennui. Mon intérêt pour le club ne s'est réveillé que plus tard. Après le titre de champion de 99, le club m'a donné un peu l'impression de végéter. Puis de nouvelles têtes sont apparues, le déclic. Entre temps je me suis installé à Paris. Des jeunes, Rio Mavuba, Marouane Chamakh, Juan Pablo Francia ont commencé à se faire un nom. Ne me demandez pas pourquoi, ça vient d'eux plutôt que d'autres. Peut-être cette sensation de jeunesse, d'une certaine renaissance de l'équipe sur de nouvelles bases. La match contre Valence et le carton injuste de Riley contre Rio tuant un match qui offrait de belles perspectives.
Et depuis je continue. Une grande joie à l'annonce du retour de Micoud, joueur éternellement sous-estimé. J'aime ce genre de joueur, plus footballeur qu'athlète ou salarié. Il pue le plaisir de jouer, avec cette nonchalence de patron d'équipe, sait conserver un ballon, avoir la vista pour délivrer un ballon dans le bon espace-temps. Non seulement capable de passer mais aussi de coups de têtes décisifs, de coups francs bandants comme à Sochaux, je ne sais pas pourquoi « encore » Sochaux, où dans la foulée, un Darcheville sur le départ offre un caviar pour le premier but de Cavanaghi à Bordeaux. Vibration, jubilation intense. Mon humeur redevient guidée par le score du samedi ou du dimanche. Mon premier match au stade depuis la 4e est un superbe 5-1 contre Nice. Saison qui débouche sur la deuxième place de 2005-2006, avec aussi un 0-0 très intense contre Lyon. Une saison 2006-2007 décevante puis une jolie saison 2007-2008 avec l'arrivée de Blanc, l'homme du Paraguay et ami de Sir Alex, avec le retour du beau jeu et de nombreux buts. La dernière année de Micoud et des Bellion, Wendel et Cavenaghi on fire.

Johan Micoud
Depuis, je me suis calmé, l'équipe rythme en partie mon emploi du temps, via les matches et le blog décalé et éclairé ChezLesGirondins. Je ne m'énerve plus quand l'équipe perd, je saute de joie quand elle gagne. L'âge avance, la passion reste.
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